Nouveau projet de recherche en collaboration avec la STM

Mis à jour : 16 déc. 2019

L’utilisation du transport en commun, une clé pour favoriser l’autonomie et l’inclusion sociale des personnes présentant une déficience intellectuelle, Financement OPHQ, 100 000$



Dépendre des autres pour se rendre à un rendez-vous médical ou à une soirée entre amis limite certainement les déplacements et les occasions de sortie. Difficile aussi de se trouver du travail s’il n’est pas à distance de marche de la maison… C’est pourtant le cas de bon nombre de personnes vivant avec une déficience intellectuelle, alors que la plupart d’entre elles pourraient apprendre à utiliser le transport collectif. Il faut comprendre que plusieurs obstacles doivent être levés pour favoriser cet apprentissage. Les enfants ayant une déficience intellectuelle ont souvent eu peu d’occasions d’explorer leur environnement immédiat ou le secteur dans lequel ils habitent, comparativement aux autres enfants. Devenues adultes, ces personnes sont souvent anxieuses à l’idée de se déplacer seules en transport collectif. Elles sont souvent préoccupées par la sécurité et les transferts, inquiétudes que partagent souvent leurs proches. Elles n’ont pas acquis les habiletés nécessaires pour se déplacer de façon autonome et pour réaliser les projets auxquels elles aspirent. Il est temps de leur donner les moyens de leurs ambitions, dans une perspective de promotion de l’autonomie et de l’inclusion sociale des personnes présentant une déficience intellectuelle.


La Société de Transport de Montréal y voit aussi son avantage; en 2016, les personnes ayant une déficience intellectuelle ont utilisé 30% des déplacements offerts par le transport adapté de la STM. Ces chiffres témoignent de l’importance de développer des alternatives pour réduire le recours fréquent au transport adapté par une clientèle qui, avec le soutien nécessaire, pourrait utiliser le transport régulier.


Avec l’appui de la STM, l’équipe de Diane Morin développera un programme de formation à l’utilisation du transport collectif qui sera offert aux personnes présentant une déficience intellectuelle, en collaboration avec l’école Joseph-Charbonneau. Ce programme sera développé en s’appuyant sur les meilleures pratiques, telles que documentées par les données probantes. Les trois objectifs du projet de recherche sont les suivants :


Objectif 1

Évaluer l’effet du programme (formation théorique et entraînement individuel) sur l’apprentissage du transport collectif et sur les habitudes d’utilisation du transport collectif (mesure de suivi trois mois après la fin du programme de formation) et les variables qui pourraient y être associées.


Objectif 2

Évaluer l’effet de la participation au programme de formation sur l’autodétermination des participants et les variables qui pourraient y être associées.


Objectif 3

Évaluer les perceptions quant à l’importance et aux effets de la formation (validité sociale). Ainsi, les obstacles et les facilitateurs du programme de formation seront évalués auprès des personnes présentant une DI, d’un membre de la famille (parents, fratrie) et du personnel de la STM qui aura été formé à donner la formation.

Ce projet utilisera un devis mixte, combinant des approches qualitatives et quantitatives, selon les objectifs visés par cette étude. L’échantillon sera constitué de 48 participants (2 cohortes de 24 participants) qui seront recrutés par l’intermédiaire des organismes communautaires ayant déjà donné leur appui au projet. Le programme de formation offert aux personnes ayant une DI sera dispensé par des entraîneurs faisant partie du personnel de la STM qui seront spécifiquement formés à cet effet.


Ce projet aura des retombées concrètes et les partenaires sont mobilisés pour prendre une part active à cette étude. S’il est bien adapté aux personnes ayant une DI et s’il s’avère efficace, ce programme de formation pourra être utilisé auprès de l’ensemble des utilisateurs des services de transport ayant une DI. Éventuellement, ce programme pourrait également être adapté et implanté dans d’autres villes et régions du Québec disposant d’un service de transport collectif, en collaboration avec le Ministère des Transports du Québec.


Plus largement, ce projet pourrait avoir une incidence sur l’offre de service de transport adapté, si la clientèle présentant une DI utilise davantage le service de transport collectif régulier. Ceci contribuerait à désengorger l’achalandage du transport adapté. Ce dernier pourrait donc bénéficier plus spécifiquement aux clientèles présentant des limitations plus sévères à la mobilité et ainsi réduire les délais d’attente actuels.


Titre du projet de recherche

Évaluation d’un programme de formation à l’utilisation du transport collectif pour les personnes avec une déficience intellectuelle


Équipe

Chercheuse principale :

Diane Morin, Professeure titulaire, Département de psychologie; Titulaire de la Chaire de déficience intellectuelle et troubles du comportement, Université du Québec à Montréal; Directrice scientifique de l’Institut universitaire en déficience intellectuelle et en trouble du spectre de l’autisme.

Co-chercheurs :

Marc Lanovaz, Professeur agrégé, École de psychoéducation, Université de Montréal.

Philippe Archambault, Professeur associé, École de physiothérapie et d’ergothérapie, Université McGill; Directeur scientifique – Vers une société québécoise plus inclusive; Membre du Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation du Montréal métropolitain, CISSS de Laval - Hôpital juif de réadaptation.

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